Orly en chansons

L\’esprit d\’Orly a inspiré nombre d\’artistes, montrant son impact sur la société, bien au-delà de sa fonction d\’aéroport.
Et le Dimanche à Orly de Gilbert Bécaud (1963) est un hymne au pouvoir de dépaysement et de rêve, pour un jeune homme pris par l\’ennui dans son confortable appartement.
Aller y voir décoller et atterrir les avions, c\’est la promesse d\’une autre vie possible.
Et l\’on comprend alors pourquoi l\’aérogare d\’Orly fut le site touristique français le plus couru, dans les années 60. Lorsque les terrasses étaient encore ouvertes au public.

\ »Je m\’en vais le dimanche à Orly
Sur l\’aéroport, on voit s\’envoler
Des avions pour tous les pays.
Pour l\’après-midi, j\’ai de quoi rêver\ »

Pour Edith Piaf, le Télégramme est l\’annonce du retour de son amour d\’antan :

\ »Serai Orly, huit heures, deux mai\ »

Avant la désillusion de ses retrouvailles à Orly où, ne la reconnaissant pas, il lui demande après l\’avoir bousculée : \ »vous n\’auriez pas vu une dame blonde, élégante, très belle?\ »…

Orly, c\’est pour Jeanne Moreau la tristesse des adieux de celle qui reste à terre et regarde s\’envoler l\’être cher.

\ »Un grand radar qui tourne dans le noir
Une immense ombre hurlante
Fonce vers l\’horizon
C\’est l\’heure des adieux\ »

Ce Minuit Orly, écrit par Serge Revzani en 1966, fut aussi adapté en anglais pour le film Red and Blue en 1968. Vanessa Redgrave, en fut l\’interprète, avec comme titre Paris Orly :

Le pouvoir d\’inspiration d\’Orly ira jusqu\’au Brésil et cette Samba de Orly chantée par Chico Buarque. Mais ne nous trompons pas, l\’air apparemment joyeux de la samba cache le texte nostalgique de celui qui dit à son fils d\’embrasser Rio de Janeiro pour lui au moment de le mettre dans l\’avion, tandis qu\’il est (dans la vie, à ce moment-là) exilé en Italie, du fait de son engagement politique contre le régime militaire en place.

Pega esse avião
Você tem razão de correr assim
Desse frio, mas beja
O meu Rio de Janeiro

En 1975, Jean-Roger Caussimon, lui, regarde de son oeil amusé et/ou désabusé tout ce qui défile au Orly Bar, un verre de whisky à la main.

\ »Orly Bar, au barman qui s\’en fout
Je commande un whisky, très peu d\’eau minérale
Et je paie pour autant, le service est compris
Dans le prix du voyage et de la mélancolie\ »

Quant à Jacques Brel, deux ans plus tard, il observe avec une infinie tristesse les amoureux qui se disent leur amour au moment de se quitter à Orly.

\ »La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu, c\’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud\ »

Les années 80 sont business. Mais aussi whisky et amour, lorsque Françoise Hardy attend son VIP.
Et les retrouvailles semblent plus savoureuses que pour Edith Piaf.

V.I.P most important person to me
V.I.P. bienvenue à Paris Orly
Duty-free, just him and me
V.I.P. première classe, accueil garanti
V.I.P. like a glass of Glenmorangie

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