La K7 audio, c’est d’abord un objet. Et, au même titre que le disque vinyle, elle séduit à nouveau ceux que l’actuelle dématérialisation à outrance dépouille du contact physique.
Oui, on peut ériger dans son salon une statue à l’effigie de Steve Jobs, grâce à qui on a pu mettre dans sa poche toute sa discothèque, en mode numérique.
Mais rien ne sera plus vivant et sensuel que nos anciennes K7 audio. L’objet tient dans la main, on le touche, on le caresse en le faisant tourner d’une face sur l’autre. Offrant au regard le plaisir d’une photo, d’un titre, d’une liste de titres évoquant mille souvenirs.
La K7 donne alors toute la mesure de son pouvoir émotionnel
Vient le moment de la sortir de sa boîte, de la mettre à nu, avant de l’introduire dans le lecteur. Avec ce bruit caractéristique de son insertion dans le lecteur.
Alors, on la regarde danser, tournoyer à l’intérieur, tandis que le son vient titiller un autre de nos sens. Il est fragile et peut se déformer légèrement au rythme du défilement de la bande. Il souffle légèrement à notre oreille, aussi. Mais on l’accueille avec ses imperfections, comme une présence chaleureuse.
Oui, plus encore que le vinyle, la K7 audio offre une expérience sensorielle.
Et que dire de ces K7 que l’on a créées soi-même ? Les dessins, les photos, les collages. Ces titres, avec notre écriture d’antan, nous transportent d’un coup d’œil au jour où nous les avons écrits, dans nos chambres d’ados, en solo ou avec l’amour de notre vie.
Ou bien les a-t-on reçues de l’autre, qui les a concoctées pour nous. Qui a passé des heures à réfléchir et rassembler ce qui nous toucherait le plus. La K7 donne alors toute la mesure de son pouvoir émotionnel, comme le décrivent les témoignages de cet article de Slate.
C’est le souvenir qui surgit. Le souvenir d’une relation, d’une tranche de notre vie.
L’expérience mémorielle a pris le relais. C’est notre vie enregistrée sur la bande, écrite sur l’étiquette cartonnée, gravée dans les rayures de la boite plastique transportée partout où nous avons vécu des moments forts. Le temps retrouvé.
Marcel avait raison.