Quand un humaniste rencontre un utopiste pragmatique

La genèse du Club Med est l’illustration parfaite d’un succès dû à la rencontre de deux personnes parfaitement complémentaires et alignées dans leur vision.
Le premier, Gérard Blitz, issu d’une famille belge de diamantaires et grands nageurs de l’équipe belge de waterpolo, pour qui le sport était une éthique de vie synonyme de fraternité, loyauté et absence de barrières sociales.
Lui-même sera médaillé olympique de la discipline, et plus encore pour son rôle très actif dans la Résistance.

Il en dira : « la préhistoire du Club, c’est ça. »

Au sortir de la guerre, il est chargé d’organiser des camps de transit pour le rapatriement des prisonniers des camps de concentration, et de leur réinsertion physique, psychologique et sociale. Il en dira : « la préhistoire du Club, c’est ça. »
C’est l’homme du rêve, de l’utopie, du désir ardent de rendre les gens heureux.
Et lorsqu’un jour d’avril 1950, il concrétise tout cela, c’est sous la forme d’une association à but non lucratif.

L’autre, c’est Gilbert Trigano, l’utopiste pragmatique, ancien journaliste de l’Humanité qui aurait voulu être un artiste mais que son père a mis au commerce familial. Il saura concrétiser son rêve commun avec Blitz de diffuser le bonheur, en l’adaptant aux règles du capitalisme.Ces deux-là devaient se rencontrer, pour redonner du bonheur à tous, dans cette période d’après-guerre. Et la manière providentielle dont cela eut lieu, décrite dans ce passionnant reportage (réalisé pour les 50 ans du ClubMed) fut donc dans l’ordre des choses.

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