On ne peut parler Aérotrain, sans évoquer Jean Bertin, son inventeur.
Diplômé de Polytechnique, il fait ses armes dans l’aéronautique, à la SNECMA. Et sa capacité d’innovation ne tarde pas à se concrétiser : il réalise le premier inverseur de poussée pour réacteur, en 1952. Technologie que l’on retrouve sur le plupart des avions actuels.
Frustré par l’absence de transferts de technologies d’une branche industrielle à l’autre, il part en 1955 avec quelques ingénieurs et crée la société Bertin & Cie.
C’est le début d’une avalanche d’inventions. Et ce passionnant reportage ARTE montre combien le génial Bertin était en avance sur son temps (peut-être l’aura-t-il trop été) : voiturette électrique de ville, outil à dépolluer les océans, aéroglisseurs amphibies et bien sûr, les différentes déclinaisons de son train sur coussin d’air.
Sans oublier son dissipateur de brouillard pour pistes d’aéroports Turboclair, évoqué dans notre 1ère newsletter consacrée au Orly des années 60.
Jean Bertin était convaincu de l’avenir de son Aérotrain
Après la signature de Pompidou pour la ligne Cergy-La Défense, Jean Bertin était convaincu de l’avenir de son Aérotrain et lorsque Giscard décida l’abandon du projet au profit du TGV, il écrira sans ses carnets : « après tant de promesses, j’avais résisté au mieux, mais cela a été l’un des coups les plus décisifs ». Il mourra peu de temps après.
Au final, ce ne sont pas moins de 800 brevets déposés par ce brillant inventeur, dont l’esprit perdure au sein de la société devenue Bertin Technologies.
Laquelle a notamment développé, entre mille autres inventions, une plateforme de transport sur coussin d’air pour la fusée Ariane 5, permettant de déplacer les centaines de tonnes de ses accélérateurs à poudre, avec seulement l’énergie d’une machine à laver.