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Et si on parlait bagatelle ?
Ne perdez pas la boule et n’envoyez pas les enfants dans leur chambre ! On évoque simplement l’ancêtre du flipper, inventé en France en 1777.
Il faudra près de deux siècles pour perdre la bataille et voir les bars français envahis par les pinballs américains, le jeu de bagatelle ayant fait l’objet d’un brevet reconnu comme l’ancêtre du flipper, mais déposé par un Anglais installé dans l’Ohio…
Prohibition et années de puritanisme feront pourtant disparaître le jeu de l’espace public américain pendant près de 30 ans.
Et il faudra que Roger Sharpe exécute une partie totalement maîtrisée, devant les autorités de New York en 1976, pour démontrer que le flipper n’était pas un jeu de chance, mais d’adresse (ce film retrace cet épisode).
Entre temps, le marché international, dont la France, fut un débouché florissant. Et le flipper devint le point de ralliement incontournable de toute une génération, au bistrot du coin.
« Insert coin » était notre devise.
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Didier Fruleux, 70 ans, « le doc » es flipper français, capable de réparer n’importe quel modèle (il en a 300 chez lui) se souvient : « on détournait 20 centimes de la quête à l’église pour pouvoir aller jouer après ».
Je confesse. J’ai mille fois pêché sur le Joker Poker, chez Georges et Yvette, près du lycée Jean Zay.
Mais bon, le Président Pompidou lui-même nous donnait l’exemple, la clope au bec. Et Laurent Fabius, en 1981, avec sa taxe flipper, nous a même bénis.
Rémi Fauconnier, votre Gentil Rédacteur.
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| Nuit et jour, des tréfonds du web aux salles d'archives de nos partenaires, ils dénichent pour vous les meilleurs souvenirs. |
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Le flipper, tel qu’on l’a tous pratiqué à la sortie du lycée n’est pas né en France, même s’il trouve son origine sous la forme d’une table de jeu appelée "bagatelle". Composé d’un plateau incliné et percé de neuf trous dans lesquels il fallait envoyer une bille à l’aide d’une queue de billard, il doit son nom au château de Bagatelle où il a été installé la première fois en 1777.
C’est 170 ans plus tard, avec le Humpty Dumpty de la maison Gottlieb, qu’apparaissent les flippers (deux batteurs, en bas de plateau), transformant un jeu de hasard en jeu d’adresse, par le contrôle de la bille.
Cependant, La Guardia, le maire de New York n’y voit qu’une machine à sous comme les autres, vidant les poches des enfants et remplissant celles de la mafia.
Il se met en scène, démolissant les flippers à coup de masse (ironie du sort, l’aéroport à son nom sera érigé sur les lieux d’un ancien parc de loisirs).
Il faudra 30 ans au lobby du jeu américain, et la prestation de « l’homme qui sauva le jeu » devant l’administration de New York, en 1976, pour que le flipper puisse revenir dans l’espace public américain.
La production n’aura pas cessé pour autant, alimentant les arrière salles de sex shops (autorisés, eux…) et le marché étranger (dont la France).
Les designers et illustrateurs de sociétés mythiques telles que Gottlieb, Bally ou Williams Electronics ont redoublé d’inventivité et d’imagination entre 1950 et 1980. Et les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui leur production.
Fin des années 50 apparaissent les compteurs de score à rouleaux qui reprennent la mécanique des pompes à essence.
Puis viendra le temps de l’électronique, dans les années 70, avec l’affichage digital, les sons et même la voix, et la sophistication des plateaux de jeu.
Si vous voulez vraiment tout savoir, ce reportage fait le tour de la fabrication d’un flipper.
Quant à les voir de près, le musée du flipper vous attend à Paris !
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L’art du flipper, ce n’est pas seulement pratiquer la « fourchette » avec dextérité, ou savoir donner un coup de Camarguaise sans le faire tilter, ce sont aussi ces graphismes hypnotisants, qui font partie intégrante de la pop culture.
Et parmi les illustrateurs majeurs du genre figure Roy Parker, artiste exclusif de la mythique société Gottlieb pour qui il illustrera plus de 290 flippers, dont le Humpty Dumpty de 1947, premier vrai flipper.
On retrouve fréquemment chez lui la “Parker girl”, pin-up taille mannequin. Et il se dit aussi qu’il s’amusait à reproduire certains de ses amis sur ses illustrations (c’est aussi le cas de Paul Faris qui, sur la glace du Vacation America, représente femme, gendre, fille, neveu et petits-enfants !).
En tout cas, il imposa sa patte sur les flippers des années 50 et 60.
Gordon Morison lui succéda chez Gottlieb pendant les années 70 et 80, et habilla plus de 150 flippers. Son style mariait le graphisme des bandes dessinées (il y reviendra en 1995 avec plusieurs histoires de Scooby-Doo), l’art déco et les formes psychédéliques.
Et, dans un cercle vertueux, il inspira certainement autant la pop culture qu’il n’y puisa.
On dit de lui que si les grands illustrateurs donnèrent une personnalité aux flippers, il leur donna une âme.
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Do you speak flipper ?
Jouer au flipper c’est aussi enrichir son vocabulaire.
Chez Georges et Yvette, à côté du lycée, les cadors maitrisaient la fourchette (mouvement des deux batteurs, désynchronisé d’un 1/10e de seconde et accompagné d’une double gifle sur les côtés, pour éviter la sortie de la bille au centre) ou encore l’amorti (comme les footballeurs, mais avec le batteur à la place du pied).
Leur savoir-faire était célébré par le bruit de la partie « claquée », partie gratuite obtenue en atteignant le score cible ou le « special ».
Gare à la coulante (la bille s’échappe lentement vers la sortie par un couloir latéral) et pire encore à l’avion, la honte (la bille part du haut du plateau et se dirige directement vers le trou de sortie, dit garage) !
Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à prier pour la résurrection de Lazare (Lazarus save : la bille se dirige vers le trou de sortie et rebondit miraculeusement sur le rebord, la faisant revenir dans le jeu).
Pour les non croyants, suivez plutôt les conseils des pros.
Car le flipper, n’est pas un jeu de hasard, mais d’adresse, comme l’a martelé Roger Sharpe devant les autorités de New York. Il répond à une logique de choix et d’objectifs, comme dans la vraie vie. Et selon le même principe, ne brutalisez jamais la machine, au risque de tilter. |
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| La joie de ressentir à nouveau toutes les émotions procurées par les musiques et films qui nous ont fait vibrer… |
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| Cette semaine, une sélection musicale et cinématographique pour retrouver l'ambiance des années flipper. |
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| Visionnez les clips ci-dessous! |
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| Des mots, une voix, connue ou inconnue, pour alimenter notre mémoire collective et/ou nous faire revivre des émotions fortes. |
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Sorry ! Cette interview est en anglais.
On ne pouvait passer à côté du Pinball Wizard, celui qui a sauvé le « game », comme on l’appelle.
Roger Sharpe, celui qui a fait plier la loi américaine et rendu le flipper à ses amateurs, avec une démonstration devant le maire de New York et son équipe, qui n'attendaient que le tilt.
Il n’a pas perdu son oeil malicieux, ni sa moustache. Et je vous conseille le film à son sujet (voir notre rubrique son et image). Incroyable histoire.
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| Sondage, quiz, pub mystère… Défiez vos amis, votre famille, ou vos collègues à la machine à café ! Sans tricher, là-bas, au fond ! |
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| Cette semaine, c'est quiz. Attention de ne pas tilter, ni perdre la boule en testant vos connaissances du flipper. |
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| Retrouvez la communauté mémoScope et + de contenu. |
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| Quand nos aventuriers en ont assez de manger la poussière, ils arpentent les magasins à la recherche de produits aptes à réveiller vos souvenirs ou nourrir votre curiosité. |
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Vous êtes génération "insert coin"?
Alors ce livre devrait faire remonter quelques souvenirs savoureux du temps passé au bistrot du coin.
Au fil des pages illustrées de nombreuses photos, vous pourrez parcourir un récit incluant les grandes dates, les fabricants emblématiques et le contexte socio-culturel, le tout enrichi de chronologies et d'un quiz.
Une partie du livre est aussi consacrée à ceux qui le font revivre. Industriels, collectionneurs ou joueurs, au travers d'interviews comme celles de Philippe Manoeuvre, spécialiste du rock et passionné de flipper, ou encore Pierre Tel, créateur des flippers Jeutel en France. Flashback sur un incontournable des années 1950 à 2000.
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Livre Nos années flipper, de Nadine Champenois et Laurent Locurcio |
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