Il y a bien quelque chose qui nous lie à la K7 audio, au-delà de l’objet né en août 1963 dans la famille Philips, sous le nom Compact Cassette.
Une présence presque humaine, avec ses qualités (elle était adaptable, se souvenait de tout et se glissait tout près de nous, dans une poche ou une boîte à gants) et ses défauts (il fallait se plier à son agenda), voire ses failles (le bourrage de bande).
Mais on l’aime encore et on ne peut s’en séparer, même si on ne l’écoute plus.
Rien n’est jamais perdu. N’est-ce pas, Marcel ?
A travers le plastique transparent, la vue des titres écrits à la main sur la fiche cartonnée déclenche instantanément l’effet madeleine de Proust.
De ces écritures d’antan se dégagent mille sensations. Le vent dans les cheveux, au volant de la 4L, sur la route des vacances, les battements de cœur des premiers baisers, le son des fiestas partagées avec les amis inséparables, ou de la boombox sur le sable de la plage, ou encore le goût salé des larmes d’amitiés ou d’amours perdues. Tant de nous conservé dans ce fragile rectangle de plastique.
Non, la K7 audio n’a pas vraiment disparu.
Elle qui a doté le stylo BIC et le rouleau de scotch de fonctionnalités inattendues. Elle qui a gravé sur des bootlegs (enregistrements pirates) l’énergie brute de concerts historiques. Elle qui nous a permis de créer les mixtapes (ancêtre des playlists) de nos idoles, de nos vacances et de nos amours.
Elle est toujours là, quelque part, chez nous. Au grenier, dans un tiroir. Dans nos cœurs, en tout cas. Gardienne fragile de notre mémoire.
Et il se dit même que la ville d’Avranches (Normandie), qui a vu d’autres débarquements que celui du streaming, abriterait un leader mondial de la fabrication de bande magnétique. Chaque année, ses ventes de K7 audio sont doublées.
Rien n’est jamais perdu. N’est-ce pas, Marcel ?
1 réflexion sur “Génération K7”
Très bon article. Merci!