« Il faut la prendre qu’on aille à Rome à Sète, que l’on soit deux trois quatre cinq six ou sept, c’est une route qui fait recette… » chantait Trénet, il y a tout juste 70 ans.
Symbole de départ en vacances dans la mémoire collective française, la Nationale 7 déroule ses mille kilomètres (les mille bornes) entre le parvis de Notre-Dame de Paris et la frontière italienne de Menton.
Des années 30 « congés payés » aux heures de gloire des années 50 et 60, des générations se sont entassées sous un fatras de bagages dans leurs Renault Juvaquatre, 4CV, Peugeot 203, 2CV ou Aronde, et lancées sur la mythique N7. Fenêtres ouvertes, à regarder défiler les alignements de verts platanes et les bornes blanches chapeautées de rouge, on devinait déjà dans leurs yeux le bleu de la Méditerranée.
« la Nationale 7, mon p’tit, c’est les Champs-Elysées de la France » !
Mais les chauffeurs de camions, eux, dopés à la « dynamite » suaient à grosses gouttes et prenaient tous les risques pour arriver les premiers aux Halles de Paris. Malheur aux retardataires qui ne pouvaient écouler leur marchandise.
Ce document INA permet de saisir les joies et les peines (l’accident du début n’est pas gai, mais le reste est savoureux) de tout ces êtres en mouvement, mais aussi de ceux qui vivaient sur le tracé.
Car tout un monde s’est organisé le long de la Nationale 7, des stations services et leurs totems élancés dans le ciel et pompistes dévoués, aux restaurants et relais routiers devenus mythiques, en passant par les vendeurs de nougat de Montélimar, qui servaient directement aux portes des voitures dans les bouchons.
Comme le disait Pierre Mondy à Darry Cowl, dans cet échange mémorable du film Le Triporteur : « la Nationale 7, mon p’tit, c’est les Champs-Elysées de la France » !